Un fantastique compagnon de voyage

Voyager pour son travail est certes un immense bonheur. C’est une formidable occasion d’apprendre, de découvrir, d’expérimenter, de goûter, de faire connaissance, bref, c’est un mouvement de vie constant qui se renouvelle et, par le fait même, contribue à nous renouveler. J’adore mon métier.

Cependant, la solitude est souvent ma compagne. Bien que je sois constamment entourée (guides, compagnes et compagnons de voyage, office de tourisme, etc.), ce ne sont que très rarement des amis et pratiquement jamais mes proches.

Ces inconnus deviendront des connaissances qui se retrouveront parfois sous d’autres cieux, au hasard d’un autre voyage, mais parfois également des compagnons d’une seule route qui ne se reverront  jamais.

Certains sont adorables, d’autres sont gentils, d’autres franchement désagréables. En ce sens, aucun voyage n’est le même et ce n’est qu’au terme de ce dernier que l’on peut savoir si l’expérience a été bonne ou non.

C’est pourquoi il ne me viendrait jamais à l’esprit de partir totalement seule. Mis à part mon iPad qui contient les photos des êtres que j’aime, je traîne toujours quelques livres qui me replongeront dans ma langue (la plupart des voyages se font en anglais) et me permettront de m’évader quelques heures, dans la solitude de ma chambre, avant que le sommeil ne me gagne.

Mon dernier «passager» 

Récemment, lors d’un long voyage en train, j’ai osé glisser une brique dans mes bagages : Le Passager de Jean-Christophe Grangé, publié chez Albin Michel. La relationniste de cette maison d’édition, Anne France Martin, connaissant ma passion pour les thrillers, m’a fait la surprise de glisser ce livre dans un envoi récent qu’elle m’a fait parvenir.

Me voilà donc, calée confortablement dans le train reliant Montréal à Saratoga Springs avec, devant moi, six bonnes heures de lecture à l’aller et tout autant au retour. Un peu inquiète devant le poids de ce roman, je tourne les premières pages et…. Me voilà ACCRO !

Quel bonheur j’ai eu à lire les aventures de Mathias Freire. Après 747 pages, j’en redemandais encore. Ça tombe bien, la fin laisse place à la possibilité d’une suite.

Difficile de résumer ce livre qui nous entraine dans les méandres de la folie des hommes, de la folie intérieure, de la folie de pouvoir et de la folie tout court. Disons simplement que c’est l’histoire d’un psychiatre qui découvre un jour que certains de ses patients qui ont perdu la mémoire semblent n’avoir pas plus de passé qu’ils n’ont de présent. Diagnostiquant des «fugues psychiques», il commence à enquêter sur leur passé et découvre qu’il est lui-même, un de ces Passagers sans bagages.

D’identité en identité, il mènera une enquête qui lui permettra de rencontrer une policière acharnée qui cherche un assassin commettant d’étranges meurtres avec des mises en scène évoquant l’Olympe et ses Dieux. Étrangement, Mathias semble être lié à ces meurtres. Serait-il l’assassin ? Une victime ? La clé ?

Ajoutons à cela des hommes en noir mystérieux, un savant fou et nous voilà, nous, le lecteur, accroché à ces pages comme à une bouée de sauvetage. Magnifiquement écrit, merveilleusement documenté, ce livre nous tient en haleine avec la même intensité que le Millenium de l’écrivain suédois Stieg Larsson.

Un bonheur pour qui aime les thrillers qui ne se noient pas dans une violence gratuite et dans le sang, mais qui privilégient l’intelligence des protagonistes, l’angoisse des acteurs et l’incapacité du lecteur à trouver le coupable et surtout à décrocher de cette enquête que mène à la fois la police, le héros et le lecteur.

Vivement le film !

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