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Saratoga Springs: arrêt de charme et d’histoire

À mi-distance entre Montréal et New York, une petite municipalité mérite bien qu’on la découvre. Arrêt à Saratoga Springs que l’on surnommait autrefois la Reine des Spas !

 

PHOTO COURTOISIE, GREG CEO

Ce nom lui vient de ces fameuses sources d’eau gazeuse qui fusent du sol comme d’un percolateur. Le président Franklin D. Roosevelt, atteint de la polio et croyant aux bienfaits de ces eaux chargées de minéraux, injectait 5 millions $, une fortune à l’époque de la Grande Dépression, pour la construction d’un vaste complexe, le Roosevelt Bath Spa, toujours en activité aujourd’hui.

Au XIXe siècle, la combinaison de ces sources aux propriétés curatives, la beauté des lieux et de confortables installations ont fait de cette destination un incontournable pour l’aristocratie américaine qui venait « s’y soigner ». Parmi eux, les Vanderbilt, les Rockefeller et autres grandes fortunes s’y sont fait construire de luxueuses résidences d’été et y ont emmené… leurs chevaux.

Ainsi naissait la légendaire Saratoga Race Course, laquelle demeure à ce jour la plus ancienne installation sportive encore en activité aux États-Unis.

PHOTO COURTOISIE, GREG CEO
Chaque été, entre juillet et la fête du Travail, l’engouement pour les courses au Saratoga Race Course, la plus ancienne installation sportive encore en activité aux États-Unis, contribue à doubler ou même tripler la population de cette petite ville d’un peu plus de 25 000 habitants.

La renaissance d’une belle d’autrefois

C’est durant cette même période, plus précisément en 1877, qu’ouvrait l’Adelphi Hotel. C’est pour admirer les rénovations de plusieurs millions de dollars investis par Adelphi Hospitality Group (AHG) afin de transformer ce bâtiment historique en un hôtel de luxe moderne que Le Journal s’est rendu à Saratoga Springs. Le trajet (3 h en auto, 6 h en train) en valait la peine.

Trônant au cœur de l’avenue historique de Broadway, la façade toute blanche de ce bel hôtel annonce déjà l’élégance et la splendeur qui se cachent à l’intérieur. Puis, on pousse la porte et hop… nous voilà immergés dans l’âge d’or de Saratoga.

PHOTO COURTOISIE, GREG CEO
Le magnifique Adelphi Hotel trône au cœur de la ville de Saratoga Springs.

Partout, des meubles anciens, remis au goût du jour, des miroirs, des tableaux et différents éléments de l’Adelphi original émeuvent ou font sourire, comme cette vieille cabine téléphonique devenue décorative.

À droite de l’entrée, le légendaire bar de l’hôtel, au style très anglais, porte désormais le nom du boxeur, sénateur et fidèle client John Morrissey.

Quelques pas suffisent pour entrer de plein fouet dans le monde moderne grâce à l’immense verrière ouverte sur des jardins paysagers dans laquelle se trouve The Blue Hen, le grand restaurant de l’hôtel. Un second restaurant, Salt & Char, se trouve dans un bâtiment adjacent.

Quant aux chambres, désormais au nombre de 32 (74 à l’origine), elles offrent à la fois le confort, le luxe et la technologie du XXIe siècle. Membre de Small Luxury Hotels of the World, l’Adelphi est désormais une retraite de charme à la fois historique et moderne.

Tant à faire et à voir

Magnifiquement situé, près de nombreux restaurants et boutiques de la rue principale (arrêt suggéré au Caffè Lena qui n’a jamais fermé ses portes et qui est reconnu comme la plus ancienne salle de musique folk des É.-U.), l’Adelphi est à peu de distance du Saratoga Spa State Park (2300 acres) dans lequel jaillissent les sources qui sont à l’origine du développement de cette ville.

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Le Saratoga Spa State Park dans lequel jaillissent les sources qui sont à l’origine du développement de cette ville offre l’occasion de belles randonnées.

Parmi les autres choses à voir, il y a le Saratoga Performing Arts (résidence d’été du Philadelphia Philarmonic Orchestra et du New York City Ballet) où se produisent de nombreuses vedettes internationales (Liza Minelli, Yo Yo Ma, Kiss, The Police, etc.) et où se tiennent de nombreux festivals, sans oublier le National Museum of Dance and Hall of Fame.

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De nombreux festivals et manifestations festives sont également offerts tout au cours de l’été.

À cela, il faut ajouter le Saratoga Automobile Museum, le Saratoga Casino & Raceway, le plus vieil hippodrome des É.-U. (1863), le National Museum of Racing and Hall of Fame qui rend hommage à la passion des chevaux et des courses et le Canfield Casino, dans lequel se trouve le Saratoga Springs History Museum.

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Le National Museum of Racing and Hall of Fame rend hommage à la passion des chevaux et des courses.

Enfin, un circuit guidé et commenté permet d’admirer les anciennes résidences d’été de la haute bourgeoisie américaine du XIXe siècle.

Info : www.saratoga.org et www.slh.com/hotels/the-adelphi-hotel/

Ce texte a d’abord été publié le samedi 12 aout 2018, dans la chronique Est des USA du Journal de Montréal ICI et du Journal de Québec, ICI

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Viking Homeland: Stavanger (jour 12) #VikingStar

Suivi de la Croisière Viking Homeland à bord du Viking Star en mer Baltique

Stavanger – Norvège

Nous sommes en Norvège, un pays qui arrive au 2e rang des endroits où les gens seraient le plus heureux de vivre, toujours selon le World Happiness Report qui analyse les indices de bonheur du monde.

Nous avons quitté la mer Baltique pour la mer du Nord. Notre premier arrêt est Stavanger (prononcer Stavannguir), un ancien village de pêcheurs et de navigateurs qui a 800 ans d’histoire.

 

@lisegiguere - Stavanger vue du navire

@lisegiguere – Stavanger vue du navire

On y trouve une grande concentration de petites maisons blanches qui datent du 17e et 18e siècle jusqu’au tout début du 20e. Pourquoi toutes blanches ? Parce que la peinture coûtait cher et qu’on l’achetait au 3 litres et qu’on la partageait. Valait donc mieux ne choisir qu’une couleur. Destinées à être démolies dans les années 1950, elles ont été sauvées par un architecte. Aujourd’hui protégées, elles sont considérées comme les maisons de bois les mieux préservées de toute l’Europe du Nord.

@lisegiguere - Des petites maisons blanches toutes fleuries

@lisegiguere – Des petites maisons blanches toutes fleuries

Ici, aucun danger de se perdre, il n’y a que deux rues : la basse et la haute. Et les routes sont en pierres rondes. Un peu difficile pour la marche, faut surtout pas porter de talons hauts. Mais ces routes avaient été construites, à l’origine, pour les chevaux.

@lisegiguere - Ces routes en pierre ont été pensées pour les chevaux

@lisegiguere – Ces routes en pierre ont été pensées pour les chevaux

Il n’y a vraiment pas grand chose à voir, une ancienne vannerie, un Musée Maritime qui nous ramène au 18e siècle et le moderne Musée norvégien du pétrole. L’architecture se veut une interprétation scénographique du roc norvégien et des installations pétrolières en mer. La Norvège est un des principaux pays producteur de pétrole

@lisegiguere - Le Musée du pétrole

@lisegiguere – Le Musée du pétrole

C’est joli, c’est sympa, mais pour les gros coups de coeur il faut partir vers les Fjords et les baleines. Est-ce que ce sera très différent de notre magnifique Fjord du Saguenay ?

À suivre…

Invitation à un Naadam !

En Mongolie, le Naadam est un festival sportif national. Il a lieu une fois par année et, durant cette période, les nomades viennent de partout pour y assister et applaudir les champions qui s’affrontent à la lutte, au tir à l’arc

@ Lise Giguère - Les archers en attente de s'affronter.

ou à la course de chevaux.

@ Lise Giguère - Un peu de réchauffement équestre

Bien que l’événement date de l’époque de Genghis Khan qui sélectionnait ainsi ses meilleurs soldats, depuis 1922, c’est à l’occasion de l’anniversaire de la révolution qu’il a lieu, soit le 11 juillet.

Pour la visite des passagers du Transsibérien, les Mongoliens nous ont organisé un mini-naadam, histoire de nous donner une idée.

Nous avons d’abord eu droit à une longue complainte mêlant encore une fois les chants de gorge et la musique du Morin Khuur, le violon à tête de cheval.

Place à la lutte

C’est le point culminant des trois jeux. On dit que cette forme de catch serait née il y a environ 7 000 ans. En tout cas, c’est plutôt spectaculaire.

Il y a d’abord l’arrivée des deux lutteurs qui portent de lourdes bottes, un morceau de tissu qui fait office de veste et un chapeau pointu en velours que l’on nomme un Mangai.

Les deux protagonistes se présentent devant leur assistant  qui leur enlève le chapeau et les encourage d’une petite tape sur les fesses. Ils font ensuite le tour du drapeau Mongolien en imitant le battement des ailes du faucon.

Ils s’affrontent ensuite et le but est que le cou, les genoux, les fesses ou le corps en entier touchent terre. Quand l’un des deux est vaincu, le perdant doit marcher sous les bras levés du vainqueur et défaire son gilet en signe de respect. Le vainqueur, quant à lui, part en sautillant ou en dansant faire le tour du drapeau imitant encore une fois le battement d’ailes du faucon sous les applaudissements de la foule.

Voyez un peu :

Les vainqueurs reçoivent des titres honorifiques, mais pour eux, c’est surtout la popularité et la notoriété qu’ils apprécient. Autrefois, les grands gagnants recevaient un cheval, , mais signe des temps, aujourd’hui c’est une automobile ou un téléviseur.

NOTE: Ce Naadam nous a été offert pendant la «croisière sur rail» du Grand Transsibérien Express, de Pékin à Moscou sur un trajet de 9 500 km.

Dans l’intimité des Mongols

Les Ger (yourtes) que l’on voit un peu partout sur le territoire mongol fascinent.

@ Lise Giguère

S’il nous est plutôt facile d’imaginer y passer quelques jours de vacances, il est beaucoup plus difficile de figurer y vivre toute sa vie. Pour en savoir un peu plus sur le mode d’habitation de ces nomades qui sont encore très nombreux en Mongolie, nous avons eu l’opportunité d’être invités à visiter une dame, ancien professeur, qui a choisi ce mode de vie il y a très longtemps et qui s’en dit très heureuse. Voici l’intérieur de sa Ger (prononcer guerre).

@ Lise Giguère

Il y a certains rites à respecter avant d’entrer dans une Ger. Les Mongols, surtout les nomades, sont très supersticieux et négliger ces petits détails suffit à les insécuriser ou à les offenser.

1 – Après être entré dans la yourte, il faut se déplacer autour du poêle (qui est au centre) dans le sens des aiguilles d’une montre.

2 – Il ne faut jamais siffler, s’appuyer sur les supports centraux, les murs ou les meubles car cela porte malchance.

3 – Tout de suite après être entré, il faut se présenter et expliquer pourquoi on est là (le guide peut s’en charger, bien sûr). L’hôte ne le demandera pas car ce serait faire preuve d’indélicatesse. Attendez ensuite que l’hôte vous indique la place où vous pourrez vous asseoir. Si vous portez un chapeau sur la tête, conservez-le, autrefois, les Mongols considéraient comme irrespectueux d’enlever son chapeau.

4 – Avant de poser des questions sur le mode de vie, il faut demander la permission. Ça aussi, le guide peut s’en charger. Et avant de vous informer de la famille, informez-vous du troupeau.

5 – Ne jamais retrousser ses manches dans la yourte car cela signifie que l’on veut se battre avec son hôte.

6 – Tout de suite après votre entrée, des bols de nourriture sont présentés avec la main droite ou les deux mains. Il faut également les prendre avec la main droite ou les deux mains, la main gauche en dessous. On vous offrira généralement des biscuits et le fameux bol d’airag (lait de jument fermenté). Même si ça ne vous dit rien, acceptez-le, trempez y les lèvres et reposez-le. Refuser serait faire une grave offense car pour ces gens simples et pauvres, ce bol d’airag est très précieux.

7 – Les hommes s’échangent entre eux leur bouteille à priser. Si on vous la présente, il serait impoli de refuser.

8 – Enlevez toujours vos gants pour serrer la main et ce, même s’il fait – 50C.

9 – Ne pointez jamais du doigt pour montrer quelque chose, mais faites-le en tournant votre main comme une offrande.

10 – Avant de partir, souhaitez-leur un troupeau en santé, de bonnes récoltes et du bonheur. Faites bien attention de ne pas trébucher en quittant la yourte car cela signifierait que la famille qui vous a accueilli pourrait subir une perte.

11 – Enfin, si vous y avez pensé, offrez-leur un cadeau. Même s’il a été prévu pour les enfants, offrez-le à l’hôtesse. Elle ne l’ouvrira pas devant vous car ce serait impoli, mais elle appréciera.

Un climat de confiance

Après quelques minutes de discussion avec notre guide et ayant pris confiance en notre groupe qui se montrait plutôt sympathique, la dame nous a offert le bol d’airag. Bravement, ,chacun a pris son bol, y a trempé ses lèvres et l’a remis sur la table prétextant ne pas avoir soif du tout. 🙂

@ Jean Authier -

Ce rituel accompli, nous avons pu discuter avec elle. Nous avons ainsi appris qu’elle a cinq fils dont trois sont professeurs, un est médecin et le cinquième est UN NOMADE. En confiant que son dernier fils a choisi le mode de vie de ses ancêtres, ses yeux se mettent à briller de fierté.

Et, pendant cette discussion, j’ai pu filmer sa Ger

Par la suite, nous avons pu nous promener tranquillement dans le vaste étendue qui constitue sa cour. Étonnés, nous avons remarqué les chevaux scellés et prêts à partir «C’est un peu comme votre garage, nous dit Urna notre guide, il ne reste qu’à les détacher et à partir en cas d’urgence».

@ Lise Giguère

Et justement, une urgence s’est produite lorsqu’il a fallu rattraper un cheval qui n’était pas au «garage» (ils sont mi-sauvages) qui tentait de s’enfuir. Un homme a alors prestement sauté sur son cheval, attrapé un long bâton qui sert de licou et rattrapé le fugitif en deux temps trois mouvements.

@ Lise Giguère

Décidément, la Mongolie s’avère un véritable dépaysement !

NOTE: La visite de cette ville s’est faite pendant la «croisière sur rail» du Grand Transsibérien Express, de Pékin à Moscou sur un trajet de 9 500 km.

Un Musée qui raconte la Saskatchewan

On m’avait dit que le Western Development Museum était  l’un des trésors de la Saskatchewan. Comme je passe quelques jours à Saskatoon et que c’est dans cette petite ville qu’il est situé, je voulais vérifier. Je n’ai pas été déçue. Je m’y suis rendue pour une petite demi-heure et j’en suis sortie deux heures plus tard, parce que c’était la fermeture.

Au premier coup d’œil sur son extérieur qui ressemble à un entrepôt, on pourrait être tenté de rebrousser chemin, mais il faut pousser la porte. On pénètre alors dans la rue d’une petite ville d’autrefois IMG_5223avec ses maisons (toutes des reconstitutions sauf la petite église) dont les portes ouvertes permettent d’admirer la décoration, les meubles ou les outils avec lesquelles travaillaient ces hommes et ces femmes autrefois), sans oublier tous les véhicules qu’ils utilisaient.IMG_5229

Mais ce qui m’a plus davantage, c’est l’ajout qui a été fait pour le centième anniversaire 1909-2009. Dans ce grand espace pourvu de panneaux d’explications, de photos, de petits films, de jeux interactifs, d’histoires racontées et d’objets de tous les jours, on traverse les époques.

Des campements des Dakota, les premiers habitants,

Campement Dakota

Campement Dakota

jusqu’aux premières maisons en terre battue de ces jeunes familles venant d’Irlande, d’Ukraine, de France, d’Angleterre ou d’ailleurs qui arrivaient ici, pleines d’espoir,

Cabane en terre battue.

Cabane en terre battue.

transportant leur famille et leurs pauvres biens, on traverse les époques : celles de la grippe espagnole, en octobre 1918 qui a fait 5 018 morts dans cette région, les années d’optimisme (1920) alors qu’il était possible de commander une jolie maison dans le catalogue Eaton, les années de la dépression alors qu’on ne pouvait plus mettre d’essence dans le moteur et que les autos étaient tirées par les chevaux, la seconde guerre puis la vie plus moderne.

En sortant du Musée, les jeunes (et les moins jeunes) sont invités à voir à l’oeuvre des hommes qui utilisent les instruments aratoires d’autrefois, tirés par des chevaux. On termine le spectacle en leur demandant: Aimeriez-vous travailler aussi fort qu’eux ? Ce à quoi les jeunes répondent en coeur (en tout cas, ceux du jour où j’y étais ). NOOOOOOOOON !IMG_5194IMG_5193IMG_5215IMG_5216Mais ils ne se font pas prier pour faire la file et venir caresser le cheval !IMG_5212Un endroit que je n’hésite pas à conseiller à tous, si vous passez  à Saskatoon !