Archives de Tag: pain d’spices

Oak Bluffs, le village en pain d’épices

MARTHA’S VINEYARD, MASS | On a beau en avoir entendu parler ou avoir lu à leur sujet, impossible de bouder la joie enfantine qui s’empare de nous lorsqu’on déambule près des petites maisons aux couleurs vives et aux toits dentelés de Oak Bluffs. Ne viendrait-on pas, comme Alice au pays des merveilles, de traverser le miroir ?

PHOTO LISE GIGUÈRE

Situées sur l’île de Martha’s Vineyard, en retrait d’un pâté de maisons imposantes qui bordent la route principale, en face de la marina de Oak Bluffs, elles apparaissent comme un véritable enchantement avec leurs couleurs vives et leurs toits dentelés.

PHOTO LISE GIGUÈRE,

Pas étonnant qu’on leur ait donné le surnom de Maisons de pains d’épices (Gingerbread Houses). C’est vrai qu’elles ressemblent à celles que l’on décore de glaçage coloré, au temps des fêtes, pour le plus grand bonheur des enfants.

PHOTO LISE GIGUÈRE,
Peintes de couleurs vibrantes, leurs décorations en dentelles les font ressembler aux petites maisons de pain d’épices que l’on décore pour Noë

Un camp méthodiste

Aujourd’hui attraction majeure de Martha’s Vineyard, ces charmantes petites maisons de poupées n’ont cependant pas été créées pour le plaisir des touristes, mais plutôt pour des réunions spirituelles, au 19e siècle.

En 1835, alors que l’Église méthodiste choisissait cet endroit comme lieu de retraite, de grandes tentes étaient installées sous un immense chêne afin d’accueillir les membres. Comme les tentes devaient être montées et démontées chaque année, certains fidèles ont commencé, vers 1860, à s’y construire de petits chalets.

Collées les unes aux autres et placées en cercle autour d’un grand Tabernacle (lieu du culte à parois ouvertes), elles se multiplièrent rapidement. C’est le besoin de renforcer les liens de la communauté, par fierté, mais aussi pour se démarquer, qu’au fil des années, leurs propriétaires ont multiplié les fioritures décoratives et ont baptisé l’endroit Oak Bluffs, en hommage au chêne des premières rencontres.

Un attrait touristique

Des 500 petites maisons qui ont existé aux temps forts de ce camp, il en reste un peu plus de 300. Minuscules (entre 200 et 300 mètres carrés), elles sont réunies autour de Trinity Park, près du Tabernacle et de la Grace Methodist Church.

Photo: Lise Giguère
Certaines sont vraiment petites. En fait, leur dimension varie entre 200 et 300 mètres carrés

Entretenues avec amour et fierté par leurs propriétaires, elles sont ornées de fleurs abondantes autant sur leurs balcons que dans leurs magnifiques jardins. On peut même pousser la porte de l’une d’entre elles, devenue le Musée Cottage City (Oak Bluffs s’est d’abord appelé Cottage City) qui raconte leur histoire.

PHOTO : TOURISM MARTHA’S VINEYARD
L’une d’entre elles a été transformée en Musée et raconte l’histoire du lieu

En août, l’endroit se fait encore plus magique, lors de la fameuse Illumination Night. En effet, chaque année, dès 21 h, les lumières de la rue s’éteignent et des lanternes chinoises illuminent le Tabernacle et l’extérieur de chaque petite maison.

Crédit : Tourism Martha’s Vineyard
En aout, pour la Illumination Night, l’endroit se fait particulièrement magique

La communauté perpétue ainsi une tradition qui remonte à 1868 alors qu’on soulignait la fin de la saison. Pour cette occasion, plusieurs d’entre elles ouvrent même leur porte.

Crédit : Tourism Martha’s Vineyard
En aout, l’extérieur est décoré de lanternes

Cependant, l’activité est si populaire qu’il est impossible de savoir, avant la semaine qui précède, à quelle date aura lieu cet événement. Il faut donc surveiller de près ! Cependant, quelqu’un m’a murmuré que ce serait le 15 août. Chut, soyez discrets !

On dit que ces petites maisons sont les plus photographiées de tous les É.-U.. En raison de leur couleur vibrante, la prise de photo peut s’avérer difficile. Il vaut mieux éviter le plein soleil qui délave les couleurs et qui produit des jeux d’ombre. Par contre, n’importe quel temps est idéal pour les admirer, même la grisaille et la pluie. Info: Info www.mycma.org

Ce texte a d’abord été publié dans la chronique Est des USA du samedi 26 mai du Journal de Montréal ICI et du Journal de Québec ICI

 

Publicités