Oser Haïti

Les touristes se font rares en Haïti, pourtant le pays a beaucoup à offrir à ceux qui gardent en eux le désir de voyages qui les sortent de leur confort habituel et qui brassent les émotions.

Promesse de belles rencontres, Haïti laisse des souvenirs impérissables.

@Lio Kiefer.

Voici le texte publié dans le Journal de Montréal

Haïti pour l’authenticité

Deux ans plus tard, le ministère du Tourisme entame un programme dont l’objectif principal est de donner une autre image du pays et de montrer que le tourisme est désormais possible, mais également souhaitable. Pour cela, un nouveau logo coloré et affichant la joie de vivre et une invitation aux tours opérateurs et aux journalistes à découvrir les multiples trésors de ce pays qui ne se résume pas à Port-au-Prince.  La suite…

Sourires d’Haïti

PORT-AU-PRINCE. HAÏTI. Quand on pose le pied sur le sol d’Haïti,  après toutes les images horribles qui ont envahi notre petit écran depuis le tremblement de terre qui a ravagé sa capitale Port-au-Prince  le 12 janvier 2010 et qui a fait 230 000 morts, 300 000 blessés et a laissé 1,2 million de personnes sans-abris, on s’attend un peu à se retrouver au coeur du désespoir. À ma plus grande surprise, il n’en est rien.

Oh, bien sûr, plusieurs personnes habitent toujours des abris de fortune et il est parfois difficile d’imaginer leur vie sur la terre battue et entre ces murs de tôle depuis maintenant deux longues années

@lisegiguere

mais plusieurs ont été relogés. Les Haïtiens ont retroussé leurs manches, ont travaillé fort (et travaillent encore) dans des conditions difficiles pour nettoyer les débris qui ont modifié le visage de leur capitale et totalement chamboulé leur vie.

Petit à petit, ils reconstruisent et surtout ils tentent tant bien que mal de se refaire une vie sans pourtant oublier les amis, les frères, les parents disparus.

J’ai longtemps hésité avant d’accepter de visiter ce pays qui a tellement souffert et continue de vivre avec les cicatrices laissées par la tragédie. Ça m’apparaissait un brin indécent. Pourtant, une fois sur place, j’ai été confronté à la force de la vie. Partout, malgré les décombres qui subsistent, la nature a repris ses droits et  tente de recouvrir l’horreur en y insérant la beauté de ses fleurs.

@lisegiguere

Et puis, les haïtiens sont un peuple croyant qui ne blâme pas Dieu et continue de croire en lui. Dès notre arrivée, un homme qui nous souriait et à qui l’on demande comment il va, nous répond : Grâce à Dieu, je vais bien !

Cette phrase m’accompagnera tout le reste du voyage. Dans ses yeux, comme dans ceux de plusieurs autres personnes rencontrées jusqu’à maintenant, je ne retrouve pas le désespoir qu’il m’arrive si souvent de voir dans les yeux de ceux qui ont tout et qui ne savent plus quoi exiger pour trouver un bonheur qu’ils ne savent pas chercher au fond d’eux-mêmes.

Au Montana, qui était l’un des plus luxueux hôtel d’Haïti et dont toutes les chambres ont été détruites, nous rencontrons Nadine qui a vécu 72 heures d’horreur coincée  sous les décombres de son hôtel avant d’être sauvée. Puis  Dominique, notre guide, partage à son tour, son premier souvenir de l’après tremblement de terre.  Je suis sortie et j’ai vu une adolescente, en sang, qui pleurait et criait  : J’ai perdu un pied. Qu’est-ce que je vais dire à maman ? En écoutant le récit de ces souvenirs qui donnent la chair de poule, je me demande si le tourisme que je fais  n’est pas un peu du voyeurisme.

Puis, chez Ruth et Ira qui possèdent la boutique Men Nou,  qui signifie Nous voilà, mais peut aussi signifier Avec nos mains, je découvre parmi les réalisations des 350 artisans qui y exposent, des dessins faits au crayon Sharpi sur  des morceaux de murs arrachés par le séisme. 

En regardant ces dessins dont les couleurs ne sont pas aussi sombres qu’on pourrait le croire, en observant, dans la rue, ces femmes habillées de jaunes éclatants ou d’orange vibrant qui transportent des fruits gorgés de sucre sur leur tête,

@lisegiguere

en croisant ces élèves souriants

@lisegiguere

en admirant ces Oiseaux de paradis qui éclatent au soleil

@lisegiguere

ou en lisant les amusantes  inscriptions  sur les Tap-Tap où s’entassent ceux qui utilisent ce transport en commun

@lisegiguere

on ne peut qu’être d’accord avec cette phrase dite par  Nancy Roc, par qui j’ai reçu cette invitation: Ici,  les haïtiens ne pensent pas au suicide, ils n’ont pas le temps. Ils sont trop occupés à survivre.

Et dans le grand sourire que l’on m’offre un peu partout, je comprends que, même si elle se montre parfois cruelle, la vie est un bien trop précieux pour ne pas tenter de profiter de tout ce qu’elle offre, même si ce n’est que peu de choses.

À ce moment précis, je décide  de profiter pleinement de ce voyage au coeur d’un pays qui a beaucoup souffert et qui ne se résume définitivement pas aux cicatrices, profondes il est vrai, laissées par un tremblement de terre.

J’espère vivement que mes écrits qui suivront sur ce blogue, sur celui de Maurice, l’ourson voyageur qui m’accompagne partout  et dans les journaux et/ou magazines sauront vous  convaincre  que oui, il est possible d’oser Haïti, comme l’a si bien écrit, ma collègue Hélène Clément du Devoir dans ce texte que vous pouvez lire  ici.

Le cochon d’Inde, un met raffiné !

PÉROU. Ah, je vous entends déjà «T’as pas mangé du cochon d’Inde?» Ben oui. Si à Rome, on fait comme les Romains, au Pérou, on fait comme les Péruviens. Là-bas, le cochon d’Inde (oui, oui celui qu’on garde dans nos maisons) se retrouve apprêté de différentes façons. Et c’est servi même dans les plus grands restaurants.

@lisegiguere. Plat de cochon d'Inde et de purée de maïs

N’étant pas fan de viande en général, je ne vous dirai pas que je me suis régalé, mais bon, ce n’est pas mauvais. Ça goûte un peu le lapin. Et oui, je me suis sentie coupable.

Ma culpabilité a cependant trouvé un écho quand je me suis rendue visiter la magnifique cathédrale de Cusco. Elle date de 500 ans. C’est la 3e plus grande en Amérique du Sud.  Elle a été entièrement rénovée au coût de 6 millions sur l’emplacement d’un ancien palace incas.

@lisegiguere. Cathédrale de Cusco

À l’intérieur, parmi toutes les splendeurs que j’ai pu admirer,  il y avait cette toile représentant La dernière scène. Regardez bien ce que mangent Jésus et les apôtres. Eh oui, c’est un cochon d’Inde !

Des ours qu’il faut sauver

PÉROU – Après notre visite au Machu Picchu, nous  sommes restés dans un hôtels appelé Machu Picchu Pueblo Hotel qui est opéré par Inkaterra qui s’occupe beaucoup d’environnement et de protection de la nature. C’est là que j’ai entendu parler du Bear Rescue & Conservation Program, une fondation sans but lucratif  qui protège des ours d’Amérique du Sud (Andean Bear) en danger d’extinction.

Ces ours ressemblent un peu aux ours noirs que l’on trouve chez nous, mais leur caractère est plus près de celui des Pandas.  Ce sont des herbivores qui ne mangent pas de viande. Ils sont timides et vivent uniquement dans ce que l’on appelle la Cloud Forest  qui est une forêt où pousse une importante végétation.

Si ces ours sont en danger, c’est en partie parce qu’ils sont mignons. Quand ils sont petits, les gens les adoptent comme s’ils étaient de petits chiens, mais quand ils deviennent grands, ça se complique un peu. Alors, les gens veulent les retourner à l’état sauvage, mais quand on a toujours vécu, mangé et dormi avec les humains, on ne peut pas retourner à la vie sauvage.

Un second problème est que la population augmente et que les humains ont besoin de construire des maisons ce qui fait diminuer leur espace de vie. Surtout que ce sont des ours très territoriaux. Chassés par les feux de forêts, la construction ou parce que les autochtones continuent de croire que certaines parties de leurs corps peuvent servir pour les médicaments ou pour la chance, il ne reste plus que 3 000 invididus au Pérou et 6 000 dans toute l’Amérique du Sud.

Inkaterra travaille avec le gouvenement pour essayer de les sauver. Ils les prennent en captivité, les isolent, les soignent, puis après un certain temps, ils les mettent  en semi-captivité pour essayer deleur apprendre à se débrouiller seuls dans leur environnement pour ensuite les relâcher dans la jungle.

Depuis 10 ans que ça existe, un seul ours a été relâché et vit librement, une femelle. On le sait parce qu’on peut reconnaître les marques de leur visage qui sont aussi unique qu’une empreinte digitale.

Lors de ma visite, la guide Cecillia (photo) m’a emmenée rencontrer trois ours: Joggy, Coco et Pepe et m’a raconté leur triste histoire, triste comme toutes celles des animaux qu’on abandonne.

JOGGY

@lisegiguere. JOGGY

Tout bébé, Joggy  a été recueilli par un petit garçon qui a cru que c’était un petit chien. Quand il est devenu grand, il coûtait trop cher à nourrir et la famille était pauvre. On l’a donc installé dans une toute petite cage dans laquelle il pouvait à peine bouger.

@lisegiguere. Beaucoup trop petite pour un ours adulte, cette cage ne permettait aucun mouvement à Joggy.

Il était très maigre (45kg alors qu’il aurait du en peser 150 kg) et il faisait vraiment pitié. Sans Inkaterra, il est certain qu’il serait mort de faim, mais aussi de tristesse.

En 2001, Inkaterra l’a récupéré et l’a transporté en hélicoptère . L’année suivante, on a recueilli Paola, une femelle qui avait toujours vécu en forêt et qui s’était aventurée trop près de la ville.

Paola a pris Joggy sous son aile et lui a tout appris. Joggy la suivait partout, ainsi quand Paola a voulu avoir un bébé, elle s’est mise à chercher un vrai mâle. Pour elle Joggy était un bébé. Elle s’est donc enfuie et Joggy l’a suivie. Quelques mois plus tard, il est revenu sur le site, blessé et affamé. On l’a repris, l’a soigné et il a réintégré son espace, mais on sait depuis ce temps, qu’il ne pourra jamais recouvrer sa liberté.

Le problème est qu’il a  été élevé comme un chien et qu’il aime trop les humains. Mais heureusement, Joggy est maintenant utilisé par Inkaterra pour enseigner aux enfants qui viennent en visite et qui découvrent qu’il faut protéger les ours et ne pas les enlever de leur milieu naturel.

COCO

@lisegiguere. COCO

C’est plus jeune du trio. Il a été trouvé par un professeur alors qu’il errait tout seul. Sa maman venait d’être tuée par des chasseurs.  Le professeur connaissant les problèmes des oursons, l’a tout de suite apporté à la Fondation et de ce fait lui a sauvé la vie et a sauvé son avenir.

Coco va bien et, au moment de ma visite, on pensait le placer en semi-captivité pour l’observer quelques mois afin de  le remettre dans la jungle  cette année.

PEPE

@lisegiguere. PEPE

Pepe est ici depuis 2007. Il est né dans un Zoo et comme c’est le cas dans certains zoos on ne connaît pas vraiment les habitudes des animaux. Ignorant donc comment ils sont territoriaux, on a placé tous les ours dans la même cage. Comme Pepe était le plus petit, tous les ours le battaient constamment. Quand le zoo a fermé, le propriétaire voulait le tuer disant que de toute façon, était trop vieux et qu’il était à la veille de mourir. La biologiste de la fondation a demandé à ce qu’on lui donne. Elle l’a soigné et quelques mois plus tard, son poil est redevenu beau et on a pu réaliser qu’il n’avait en fait que 10 ans. Dix années de souffrance qui ont laissé des traces.

Pépé ne retrouvera jamais sa liberté, il ne saurait d’ailleurs pas quoi en faire surtout qu’il a gardé de ses années au zoo, une peur bleue des autres ours. Il vit donc en retrait dans une grande cage et on le gâte en lui donnant de beaux fruits. Il vieillira heureux et tranquille.

À la découverte des orchidées

AQUA CALIENTE MACHU PICCHU – PÉROU – Au Machu Picchu Puebo Hotel où nous résidons, différentes excursions sont proposées aux clients. Ce magnifique hôtel qui recrée un vidage Andais a pour site un jardin tropical de 5 hectares dans la réserve historique du Machu Picchu.

Fondé par Inkaterra, une organisation péruvienne qui veille à la préservation et à la sauvegarde de la nature et de la culture péruvienne, plusieurs excursions sont proposées dans chacun de leurs hôtels (découverte des papillons, sauvegarde des ours, préservation de la jungle, etc). L’une de ces excursions se fait dans les jardins de l’hôtel, c’est la Marche des orchidées.

Les orchidées est la plus importante famille de fleurs au monde (30 000 espèces). À lui seul, le Pérou en compte 3000 espèces et ce jardin en possède 372 espèces qui vivent en toute liberté dans un habitat qui leur est naturel.  Certaines, des hybrides, sont nées ici et ne se retrouvent nulle part ailleurs. Ce Jardin, le plus grand de l’Amérique du Sud, a même été reconnu par l’ American Orchid Society et reçoit régulièrement la visite de spécialistes de partout dans le monde.

En compagnie de la guide Cecillia qui en connaît un rayon côté orchidées, nous voilà partie à la découverte de ces fleurs magnifiques et étonnantes. Bien que pour toutes les fleurs, elle nous ait donné le nom latin, je vous ferai grâce de ces détails. De toute façon, j’aurais trop peur de mal les transcrire. J’attirerai plutôt votre attention sur de petits détails tout à fait fascinants.

@lisegiguere. Cecillia, la guide d'Inkaterra.

Cécillia nous explique d’abord comment reconnaître une orchidée par ses trois pétales (qui prennent différentes formes) et dont celle du centre est modifiée et sert pour la reproduction.  Très franchement, ce n’est pas évident.  Heureusement, elle attire aussi notre attention, sur le fait que le feuillage comporte des lignes, mais malgré cela, plusieurs des orchidées qu’elle nous présente, n’auraient jamais attiré mon attention

La première orchidée qu’elle nous montre est un sabot de la vierge (lady slipper)

@lisegiguere.Sabot de la vierge

Cecillia nous explique que les longs fils qui pendent de chaque côté de la fleur, sont ses deux pétales. S’ils sont aussi longs, c’est que ce sont les fourmis qui les fécondent et ces dernières ont besoin de ces longs pétales pour grimper jusqu’au coeur de l’orchidée.

La seconde orchidée devant laquelle elle s’arrête semble vraiment n’avoir rien de spécial.

@lise Giguère - Bad face

 Elle nous explique alors que le pétale modifié de cette orchidée présente un visage méchant et porte le surnom de Bad face. Elle nous offre ensuite une loupe et nous invite à nous approcher. Pouvez-vous distinguer la forme de visage avec deux cornes ? De près, elle sent légèrement le citron.

@lisegigure. Bad Face

Le prochain arrêt nous montre une orchidée accrochée à un arbre. Cecillia explique alors que les orchidées ont besoin de beaucoup d’humidité, mais ce ne sont pas des parasites. Jamais une orchidée ne va détruire une plante sur laquelle elle grandit. Elle va seulement s’abreuver de son eau.

@lisegiguere

Il n’y a pas que sur les arbres que les orchidées s’installent pour puiser l’eau. Elles peuvent également choisir une feuille. Cécillia nous explique également que cette orchidée est si petite qu’elle n’aurait aucune chance d’être fécondée alors que sur cette feuille, elle attire davantage l’attention.

@Lise Giguere

À un moment, Cecillia nous indique un groupe d’orchidées qu’elle décrit comme étant «enceintes». Elle attire notre attention sur la protubérance du bulbe, de la fleur qui est séchée et nous informe que, selon les espèces, l’éclosion peut prendre de 4 à 18 mois.

@lisegiguere. Orchidée de la famille Aïda «enceinte»

Quelques pas plus loin, tout un groupe de ces orchidées en sont à un stade plus avancé. Les fleurs sont entièrement séchées.

@lisegiguere. Un groupe d'orchidées Aïda «enceintes»

Voilà à quoi ressemble une Aïda qui n’a pas encore été fécondée

@lisegiguere. Orchidée Aïda

Un long arrêt se fait devant une très belle orchidée rouge qu’elle surnomme Jewel Cry. Elle prend le temps de nous raconter la légende qui y est rattachée. Comme j’ai déjà raconté cette histoire, si vous voulez la relire, vous n’avez qu’à cliquer  ici

@lisegiguere

Cette toute petite grappe orange est bel et bien une orchidée surnommée Fire orchid.

@lisegiguere

Cette orchidée possède toute une série de petits poils. Selon Cecillia, on croit que la vibration de ses poils attirent les chauve souris qui viendraient la poleniser.

@lisegiguere.

Dans le jardin, si les orchidées nous fascinent, bien d’autres plantes ou animaux sont présents. Comme cette feuille de thé Camilia Sinensis (l’hôtel cultive son propre thé)

@lisegiguere.

On peut même y voir des tomates sucrées que j’aurai d’ailleurs le plaisir de goûter un peu plus tard alors qu’elles baigneront dans un sirop de miel (délicieux!)

@lisegiguere

NOTE: Bien entendu, je ne suis en rien une spécialiste des orchidées. Si j’ai pris un immense plaisir à cette visite et que j’ai tenté de vous la faire partager, je suis persuadée que beaucoup d’entre vous pourraient enrichir ce texte de leurs commentaires. Je vous en prie n’hésitez surtout pas à le faire. Merci

Sur la piste des Incas

PÉROU - Visiter le Pérou, c’est d’abord et avant tout partir à la découverte des Incas, cette ancienne civilisation qui a pris naissance au début du XIIIe siècle à Cusco  pour ensuite s’étendre le long de la Cordillère des Andes et de l’Océan Pacifique. L’Empire Incas est l’un des trois grands empires de l’Amérique précolombienne qui comprenait le Chili, l’Équateur, la Bolivie, l’Argentine, la Colombie et, bien entendu, le Pérou.

Les Incas ont été conquis par les Espagnols en 1532, mais ces derniers n’y sont allés au départ que pour trouver des épices, mais ils ont rapidement découvert l’or des Incas. C’est que les Incas adoraient le Dieu Soleil et pour lui rendre hommage, ils s’habillaient d’or, comme lui et couvraient leur mur d’or. Les Espagnols voulaient cet or et pour l’avoir, ils ont entamé des guerres et totalement détruit cette civilisation.

Il n’existe pas d’écrits pour raconter le mode de vie de cette civilisation, mais des ruines immenses qui, de nos jours, attirent les foules qui se perdent en conjecture devant la complexité des travaux. Comment faisaient-ils pour transporter des rochers aussi énormes ? Pour les tailler pour qu’ils s’emboitent parfaitement comme des morceaux de casse-tête ? Pour les polir ? Et surtout pour les transporter dans les montagnes ? Quoi qu’il en soit, la visite de ces lieux étranges et mystérieux ne peut se faire sans qu’un frisson nous parcoure l’épine dorsale.

Cusco, berceau de l’empire des Incas, est située à 3 400 mètres d’altitude. C’est là que  se trouve  Koricanchaou l’ancien Palais des Incas.

@lisegiguere. Koricancha

Plus loin,  Ollantaytambo, un autre site archéologique Inca qui date d’avant le Machu Picchu. Il nous a fallu monter les 250 marches pour grimper en haut de cette forteresse et admirer ces terrasses qui étaient en fait des paliers de culture, sans doute pour  la pomme de terre et le maïs.

@lisegiguere. Ollantaytambo

Le voyage se poursuit dans la Vallée Sacrée. On y apprend que pour les Incas, c’était la rivière qui était sacrée. L’eau s’écoulant des glaciers apportait suffisamment d’eau dans cette rivière pour que leurs champs soient constamment irrigués. C’est d’ailleurs dans la Vallée sacrée que l’on trouve, encore aujourd’hui,  le meilleur mais au monde.

@lisegiguere. La Vallée sacrée

Toujours dans la Vallée sacrée, arrêt à Moray qui serait, selon les spécialistes, un laboratoire de culture. On y aurait expérimenté l’effet des différences de température (’il y a 55ede différence entre les terrasses du bas et celles du sommet). Les Incas ne seraient pas à l’origine de cette forme arrondie qui, selon les géologues, serait plutôt due à la chute d’un météorite qui serait  tombé 2500 ans avant Jésus christ.

@lisegiguere. Moray

Tout près de là, Maras, une  ancienne mine de sel qui ne servait pratiquement plus mais qui revit depuis qu’on a découvert que ce sel contenait du lithium très important pour la nouvelle technologie.

@lisegiguere. Maras

On a aussi pris le Inca Rail, un train qui suit l’ancienne piste des Incas pour se rendre au Machu Picchu.

@lisegiguere. Inca Rail

Dans ce train, un wagon entier, le Wagon Princess Inca, peut être réservé pour des réceptions privées. Avec des fauteuils pivotants, de grandes fenêtres permettant d’admirer le paysage et un excellent service, le trajet se fait tout en douceur, même si le départ est aux aurores.

@lisegiguere. Notre super groupe relaxe dans le Wagon Princess Inca du Inca Rail

On dit que la piste des Incas ferait 4 000 km, passant par l’Argentine, la Colombie, la Bolivie, etc. On en trouve encore de grands bouts et des vestiges. Celle que l’on peut faire en marchant (trekking) part de Cusco et fait 45 km.

Trois compagnies opèrent des trains pour le Machu Pichu. Il y arrive 20 trains par jour.

@lisegiguere. L'un des 20 trains qui se rend au Machu Picchu

Machu Pichu signifie vieille montagne, pas opposition à Wyana Pichu, jeune montagne.  Ce site spectaculaire est situé entre ces deux montagnes,  près de la jungle. Il a été découvert, en 1911,  par Hiram Birgham  qui lui a donné le nom de la montagne qui lui fait fasse. Inscrit au Patrimoine de l’Unesco depuis 1983, le Machu Picchu a connu un regain de popularité depuis qu’il a été reconnu, en juillet  2007,  comme étant l’une des 7 nouvelles merveilles du monde par la New Seven Wonders Foundation. Alors qu’auparavant, on accueillait quelque 2 000 touristes par jour, ce chiffre est grimpé  à 4 000 l’an dernier. C’est pourquoi, cette année, il faut obligatoirement réserver ses billets à l’avance puisqu’on n’accepte plus que 3 000 touristes par jour.

Pendant trois heures, nous avons exploré cette cité perdue, située à  2 430 mètres d’altitude, dans un site montagneux d’une extraordinaire beauté, au milieu d’une forêt tropicale. Une réalisation stupéfiante dont il reste beaucoup à découvrir.

@lisegiguere. Machu Picchu

Dernière étape de ce périple chez les Incas, le retour vers Cusco à bord de l’Orient Express, un retour tout en douceur  dans ce train mythique.

NOTE: Le Pérou peut se visiter toute l’année, mais de novembre à mai, c’est la saison des pluies. Ces dernières sont plus intenses en janvier et février et continuent de façon intermittente jusqu’en mai. En avril au moment de notre visite, le soleil était très chaud pendant le jour, mais la nuit, la température descendait au point que l’on pouvait trouver de la gelée le matin.

À SAVOIR:
Ceux qui aimeraient découvrir le Pérou en s’amusant peuvent lire Tintin et le temple du soleil alors que le capitaine Haddock est enlever par des Incas.

On peut également se procurer le Coffret DVD dles aventures d’Esteban Tao et Zia  dans les Merveilleuses Cités d’or.

Aussi, à voir si on le trouve, le film Secret des Incas mettant en vedette Charlton Heston. On dit que ce serait ce film tourné en 1954 qui aurait inspiré les Aventures d’Indiana Jones.

Une princesse orchidée

PEROU – Récemment lors d’un séjour au Pérou, j’ai eu le plaisir de faire la visite du  Jardin d’orchidées du Machu Picchu Pueblo Hotel à Cusco. J’y reviendrai d’ailleurs un peu plus tard, pour vous faire découvrir (en photos) quelques unes des 372 variétés que compte ce magnifique jardin, mais cette fois-ci, je choisis plutôt de vous faire partager la très jolie histoire que nous a racontée notre guide, Cecillia, concernant cette orchidée surnommée ici  Jewell Cry.

@lisegiguere

Les Incas l’appellent ainsi parce qu’elle a la forme d’une larme. On dit également que cette fleur, n’est pas une fleur, mais une princesse dont voici l’histoire.

Il était une fois, une belle princesse qui était amoureuse d’un guerrier, mais comme il n’était pas de son rang, les deux amoureux se sont enfuis en suivant la Route des Incas qui passe dans la montagne.

Réalisant qu’ils étaient perdus, le guerrier dit à la princesse de s’asseoir sur un rocher et de l’attendre jusqu’à ce qu’il revienne la chercher.

Elle attend longtemps, longtemps, longtemps, mais son bel amour ne revient pas. Ce qu’elle ignore, c’est qu’en cherchant une issue, il s’est perdu lui-aussi.

Le Dieu Soleil voyant la jolie princesse en pleurs,   lui demande ce qui lui arrive : «Mon amour m’a abandonnée» lui répond-elle.

«Ne vous inquiétez pas, lui dit le soleil. Nous attendons jusqu’à demain et s’il ne revient pas, je vous aiderai». Le lendemain, le Dieu Soleil revient et comme l’amoureux n’est toujours pas revenu, il transforme la jolie princesse en une magnifique orchidée rouge. «Vous serez la plus belle et la plus importante des fleurs», lui promet-il.

Plusieurs jours plus tard, le guerrier qui a enfin retrouvé son chemin, revient vers le rocher ou sa belle devait l’attendre, mais ne trouve plus qu’un parterre d’orchidées magnifiques. Il ne comprend pas et la cherche partout en hurlant son nom.

Le Dieu Soleil qui l’entend lui explique ce qui est arrivé et lui avoue l’avoir transformée en fleur parce qu’il la croyait abandonnée. Alors le guerrier demande au Dieu soleil de le transformer aussi. Le Dieu Soleil exauce son vœu et le transforme en un magnifique oiseau mouche.

On dit que c’est pour cette raison que c’est l’oiseau mouche qui sert de lien pour la fécondation de cette jolie orchidée. D’ailleurs si on la tourne de côté, voyez comme elle prend elle-même la  forme d’un oiseau mouche.

@lisegiguere

Au Pérou, cette fleur est portée par les femmes célibataires ce qui indique leur statut.